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Jeudi 6 juillet 2006

N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez surtout ;)

Interlude

CHAPITRE I

Res 

Le Aku est l’incarnation du mal sur Akki. Il est une ombre géante que l’on ne voit approcher. Et lorsqu'enfin on s’aperçoit de sa présence, il est déjà trop tard… Sa gueule nous happe de sa puissante mâchoire, notre corps est alors transpercé par la première rangée de dents acérées. Le sang chaud qui coulait jadis dans nos veines, est expulsé à l’extérieur de notre être, le Aku se délectant alors de sa saveur. Il est au paroxysme de son excitation mortelle. S’en suit le broyage de notre personne par les deuxième, troisième puis enfin quatrième rangées de dents avant qu’une purée de tous ce qui faisait de nous un être vivant humanoïde, ne soit avalé et digéré par le monstre. Ce qui reste de ce que nous étions n’est alors que des bouts de chaires éparses perdus entre ces crocs. 

 

Le Aku si majestueux dans sa frénésie sanglante s’effondra lourdement. L’ancien ange meurtrier, régnant en maître avec ses congénères, est revenu sur Akki pour y mourir au pied d’une division de la Légion, la langue pendante, une flèche en argent forgée plantée entre les deux yeux. Globe oculaire sans pupille qui autrefois balayait chaque recoin du territoire attiré par le moindre mouvement d’une de ces prochaines victimes.  (Bref tout ça pour dire que le Aku est un animal violent et cruel et que tant mieux si l’un de ces monstres à été descendu, on ne le regrettera pas !) 

 

Au loin une silhouette noire approcha de la carcasse, c’est un cavalier semblerait-il. Il est seul. Seul, comme la flèche qui se dresse, unique, entre les deux yeux de cette imposante masse poilue gisant à terre. Le cavalier alors à hauteur de la division, arrête sa course devant le museau du monstre,  descend  noblement de son destrier. Il ne jette même pas un coup d’œil en direction des soldats. Eux, qui pourtant scrutent chacun des mouvements de cet être à l’allure imposante de son armure noire finement travaillée représentant par des bas reliefs un Aku de chaque côté de la cuirasse, du corselet à la dorsière. Sa superbe se profilait jusque dans sa cape, démesurément longue, plus sombre qu’une envie de meurtre et son casque ébène, démoniaque, avec ces cornes de jeunes Aku mâles sur l’armet du heaume et revenant vers l’avant au niveau du mézail (la visière mobile) et sur le ventail (le protège menton). Il inspecte la bête et retire la flèche sans se soucier de la présence plus ou moins superfétatoire des soldats (encore sous le choc) de la Légion formant l’élite de la puissante armée de Vladar. Puis, l’écuyer se retourne, faisant face aux Légionnaires, les jaugeant, scrutant derrière sa visière chacun d’eux pour finalement décider de se découvrir, révélant ainsi à ses spectateurs de longs cheveux noirs de jais entourant un visage halé. Ainsi du cavalier naquit une jeune fille. Elle mit sa tête de côté et fixa de ces yeux rouges feu les soldats dans l’expectative, balançant de droite à gauche de manière langoureuse sa longue queue féline comme pour les narguer. Puis, brisa le silence : 

 

«  Tiens, que fait donc la troupe personnelle de Vladar en ces lieux reculés ?  

_Une…Une…, balbutia l’un des Légionnaires  

_Courage mon lapin tu vas y arriver ! Lança la cavalière 

_UNE SEEELEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!!!! (Ca lui a fait de l’effet au p’tit gars)  

_Bin, voilà c’est bien ! Tu vois que tu en étais capable…prononcer un si simple mot ! » 

 

Ensuite, en silence, la jeune Seele (en Allemand, se traduit par l’âme) regarda alors l’un après l’autre chacun des guerriers, elle voyait la peur pour certains d’entre eux, la surprise ou le désir assassin pour d’autre. La cavalière savait ce qui motivait ses sentiments… Après tout les siens ne sont-ils pas considérés comme disparus, massacrés par le royaume rebelle de Bassara à l’époque dirigé par Iö Chin le père de Daiô ?! 

 

(Un peu d’histoire) Les Seeles avaient été massacrés lors des guerres de purification menées par le sanguinaire Iö Chin. L’objectif de ces conflits, qu’attisait sans cesse l’ex-dirigeant de Bassara, était « l’anéantissement de  toute force  dangereuse pour la Nation ». Ce qui était d’une hypocrisie totale, Iö Chin dans son désir de domination sanguinaire avait jeté sa haine et ses troupes sur l’autrefois paisible communauté des Seeles,  peuple jadis craint par sa puissance et aujourd’hui réduit quasi à néant… 

 

L’un des gradés présent pour couper court au combat visuel qui se déroulait entre ses soldats et la cavalière, ordonna subitement la mise aux arrêts immédiat de cette ignominie que la nature avait eu tort d’engendrée. Etonnement elle se laissa faire, leur présentant même ces deux mains pour qu’ils lui mettent les menottes. Cette attitude arrogante ne faisait que rendre encore plus de prestance à son personnage, voire même de crainte. Comme une prêtresse de cultes obscurs, digne, le port altier, elle fut escortée par les Légionnaires  devant le puissant Jormungandr Vladar qui à la tête du royaume de Prate faisait office de voix suprême pour toutes les affaires de sécurité publique du pays de Chikara (mémento : en japonais chikara signifie puissance/force).  

 

(A titre d’info) Les Akkyens appelaient Jormungandr les êtres énergétiques comme Vladar, qui sous la forme de boule électrique créée par les habitants d’Akki eux-mêmes, dirigeaient chacun des royaumes de la planète mis à part le royaume rebelle de Bassara qui était anciennement dirigé par l’humain Iö Chin et aujourd’hui par son fils Daiô. Ce qui formait un Jormungandr était l’ensemble des mœurs, croyances, valeurs, normes et pratiques sociales de tous les êtres évoluant sous sa direction. Ces entités existent depuis le début de la Nouvelle Ere au moment des guerres purificatrices et ainsi avait supplanté à la tête des différents royaumes les êtres de chairs et de sang. Aujourd’hui sur les six royaumes, cinq sont aux prises de quasi machine. Arcas, Hélinine, Orline, Vladar et Théolo  forment l’Alliance que combat, seul le royaume de Bassara  dirigé encore par un être « vivant », un humain en l’occurrence. Daiô qui s’opposant aux idées de son père le tua et lui succéda tout en délivrant le message dans lequel il défend « le droit de chaque être de disposer de lui-même, de ses idées », et dénonce « un monde sous le joug d’intelligence artificielle qui nie l’autonomie des créatures réels vivant sur Akki ». 

 

Toujours est il  que la jeune Seele fut amené jusqu’à Prate devant Vladar. Il « trônait » au milieu d’une grande pièce éclairée par aucune source de lumière, le plafond et les murs de la pièce représentaient l’Univers, ils paraissaient si infini, il n’était même pas certains qu’il y eu des murs. Cette impression d’immensité était décuplée par un sol qui semblait ne pas être, une eau transparente recouvrait son ensemble, seul cinq petite dalles flottaient pour permettrent d’arriver jusqu’à son altesse sérénissime Vladar.  

 

 

« Alors comme ça c’est toi la petite Seele, on m’a dit que tu avais tué un Aku, d’une seule flèche ? Demanda Vladar d’une voix artificielle qui semblait pourtant hors du temps.  

_Je ne crois pas être ici pour parlementer sur la meilleure façon de tuer les Akus ! Répondit-elle tout en arrogance.  

_Hum, tu n’as pas tord…  

_Bien alors pourquoi suis-je retenue, et pourquoi dois-je m’entretenir avec vous, après tout je n’ai rien à vous dire et je ne pense pas que vous aillez vous aussi quelque chose à m’apprendre, et si je n’ai aucune raison d’être là j’aimerais bien partir, trouvez quelqu’un d’autre pour occuper vos longues soirées d’hiver !  

_Tu n’es pas du genre commode dit moi !  

_Je ne me suis jamais présenté comme l’étant. 

_Bien, je ne crois pas que l’on est réellement une faute à te reprocher à part peut être ton impertinence, mais c’est un détail ! Nonobstant, avant que tu ne partes j’aimerais te proposer quelque chose.  

_Hum, je vous écoute  

_Et bien que dirais-tu de mettre à profit tes talents guerriers et d’être payée pour cela ?  

_Faut voir, continuez… 

_J’aimerais que tu restes ici, que tu t’entraînes pour à terme faire parti de mon armée et si je t’estime assez, tu pourrais devenir Légionnaire, bien qu’a mon humble avis tu surpasses déjà les capacités de la plupart des quelques crétins qui en font parti !  

_C’est alléchant comme proposition, j’accepte à la condition de pouvoir vous quittez quand je veux et de reprendre mes activités solitaires !  

_Off si tu veux, tant que tu ne passes pas dans le camp ennemi il n’y aura aucun problème. Puis-je néanmoins connaître ton prénom jeune fille, question de praticité, et puis je ne pense pas que te désigner comme étant seulement « la Seele », ne te plairais…  

_Raven  

_Alors c’est réglé Raven ! ». 

 

Après ce contrat synallagmatique, Vladar appela l’un de ces nombreux « fidèles » afin de faire visiter les lieux à l’ex-détenue, et un autre afin qu’il lui prépare une chambre puisque désormais elle résiderait au château « Praesidium » (en latin signifie égide, protection, sécurité…)

 

Raven, nom si évocateur de noirceur, de faim insatiable de sang, était porté étonnement par une jeune femme. Mais il semblait cependant fait pour elle, n’allait-elle pas être payée pour tuer ? Son parcours ne connaissait de toute façon que les effluves de l’hémoglobine séchée mêlée à la sueur. Et aujourd’hui son arrogance la conduite dans un lieu ou chaque pièce est d’un luxe quasi-superfétatoire. D’un style baroque pompeux le jormungandr expose sa grandeur, sans doute pour susciter le respect voire l’allégeance et la sacralisation. Tout ceci orgueilleusement exhibé aux regards des visiteurs. 

 

« Dis-moi mon p’tit Naté, c’est bien ton prénom ?  

_Oui mademoiselle Raven  

_Bien, maintenant que tu m’as quasiment fait faire le tour du Praesidium, tu pourrais peut être me montrer la salle d’armes par ce que tout ceci est très bien, merveilleusement luxueux, mais non intéressant… 

_Euh…  

_Alors où se trouve t-elle ?  

_Je…je vous y emmène de suite !  

_Bien. Tu sais faudrait penser à te décoincer un peu mon chou !  

_...  

_Pour commencer, deviens un homme mon gars, et arrête donc de trembler à chaque fois que je t’adresse la parole !  

_Oui, mademoiselle Raven, si cela peut vous faire plaisir. » 

 

Après avoir arpenté maints couloirs, pris maints raccourcis, la jeune Seele et le serviteur de Vladar, Naté, arrivèrent enfin devant les grandes portes en bois serties de feuilles d’or ouvrant sur la salle d’armes. La salle d’armes un endroit magique pour Raven, qui pensait que finalement cette pièce était sans nulle doute la plus belle ! Les épées, les armures, les entraînements, l’odeur de la sueur, la volonté de vaincre et de dépasser le maître qui règnent dans l’atmosphère, la préparation des futurs guerriers qui se feront peut être tuer au combat... de tout ceci, Raven se délecte sans vergogne. 

 

Elle resta presque cinq minutes devant la porte comme en admiration, on aurait dit une exploratrice qui devant l’entrée d’une grotte savoure déjà ce qu’elle va y découvrir. C’était comme si elle s’attendait à ce qu’en l’ouvrant un trésor magnifique lui éblouisse les yeux. Puis, elle prit fermement la poignée et avec conviction elle ouvrit l’un des panneaux. Son regard balaya alors la pièce et se fixa sur un bruyant petit troupeau de pimbêches en robe longue et rubans foisonnants. Derrière le mur de chattes en chaleur se tenait un gracieux Artak qui se jouait sensiblement du spectacle qu’il pouvait offrir. Pour lui, il était facile de troubler toutes ces minettes par de simples mouvements mainte fois répéter quasi parfaits, il faisait virevolter son épée et s’accordait par des jeux de jambes divers et variés de monter une chorégraphie envoûtante, tout en charme et finesse…et ce dans le seul but d’émerveiller encore plus ces dames de la cour qui bientôt si ce n’est déjà acquis baveraient à ces pieds guettant le moindre de ses désirs qu’elles pourraient, avec on ne peut plus d’espoirs, espérer combler. Pour lui, semblait-il l’admiration qu’il suscitait lui était due. Cet être qui semblait si exceptionnel se nommait Scarface à tout juste 20 ans il était devenu un chevalier réputé et avait la garantie de la protection de Vladar en plus d’être le chouchou de ces dames. Il ne se définissait pas moins comme la quasi perfection incarnée ! (Quelle prétention !!!) Mais il semblait oublier que de part sa naissance, certaines de ces capacités n’étaient point remarquables. Etant un Artak son agilité était plus développée (il faut le dire)  que pour nous, simples humains, il bénéficiait également d’une grâce naturelle et de d’autres qualités plus ou moins utiles lors de combats. Et même si la race de Scarface est quelquefois apparentée aux Seeles, les siens sont perçus comme des êtres bienfaisants (Ce sont les ailes d’oiseaux qui doivent encore faire leurs effets…non vraiment sans cela auraient-ils l’air si remarquables ?) 

 

 

Raven qui se tenait toujours à la porte décida au final d’approcher le troupeau. Elle déploya ses grandes ailes noires en peau fine, s’élève alors dans les airs sort son épée à double tranchant « Oyasuminasai ». (Un nom non dérisoire signifiant « Bonne Nuit », car elle tranche tout ce qu’elle touche et tout ce quelle touche devient poussière et s’envole alors au clair de Lune.) Puis rapidement fond sur l’Artak arrêtant son épée, coupant cour à la parade de Scarface…(Ah cela il serait judicieux d’imaginer un fond d’exclamation du style « Ohhhhhhhhh…… !!!! ») Quelle fut bien la surprise du jeune chevalier, comment cette Seele osait-elle brandir une épée, et pourquoi n’était-elle pas avec ces autres femmes futiles qui bavaient devant ces pieds ?  

Elle se posa juste devant lui et :  

«  Je te propose un duel ! Déclara finalement Raven  

_Que ?! 

_Tu acceptes ?  

_Evidemment ! Pesta d’un air de défi Scarface abasourdi quelque peu par cette proposition indécente ! » 

 

Alors que quelques fausses gentillesses sont toujours de rigueur avant un combat, Raven ne s’embarrassa de ces conventions d’usages et attaqua sans attendre son adversaire. Scarface surpris eu juste le temps de parer l’assaut. Les armes s’entrechoquent, les deux opposants révèlent chacun leurs atouts et usent de leurs meilleures parades pour remporter la rencontre. Le combat à terre ne satisfaisant pas assez Scarface, l’Artak déplia alors ces magnifiques ailes blanches afin de tester la rage combative de la Seele pour un affrontement aérien. La jeune Seele fonça vers lui tel un être fantastique aux allures de démon vengeur sous un halo de lumière céleste flamboyante. Scarface se prit alors à admirer cette image de Raven, comme un beau rêve éveillé où un être de légende à la fois merveilleux et maléfique en serait le protagoniste. Mais soudain, il entend au loin son nom scandé dans l’assistance par des spectateurs réjouis voulant l’encourager. Il sort alors de son rêve et part de justesse l’attaque de Raven qui était arrivée à sa hauteur durant sa digression fantastique. 

 

Les deux adversaires virevoltent, se heurtent, se repoussent, s’attaquent, se défendent et sauvegardent leurs positions avec toute la rage qu’ils peuvent puiser en eux. Mais  impossible de percer, au final aucun gagnant, pas même l’un des deux participants n’arrive à prendre l’avantage sur l’autre. Ce qui, d’une certaine façon, rapprocha les deux protagonistes, eux qui croyaient être les meilleurs, voilà qu’ils rencontrent leurs alter-ego ! C’est alors, une relation à la frontière de la jalousie et du désir de posséder l’autre dans son entier, de l’amitié douce-amère qui s’installe. Comme un rapport de force traduisant une relation à la fois de protectorat et de soumission où aucun des deux êtres ne se décide à se mettre enfin à nu, à révéler toutes ses cartes, et enfin à suivre le précepte du Carpe Diem ! C’est un jeu de séduction presque malsain où le gagnant est celui qui fait enfin prendre conscience à l’autre de ces véritables sentiments propres afin qu’il lui révèle, pour en prendre conscience à son tour… Mais, n’est-ce pas plutôt ce dernier qui serait le réel vainqueur ? 

 

Pendant un an la vie s’écoula ainsi pour la petite Seele, quelques duels en guise d’entraînement, duels en arme entre elle et Scarface, duels avec elle-même pour finalement se connaître et vivre pleinement ses envies, ses passions, ses désirs… Combattre les préjugés, et la haine qu’inspire les Seeles.

Et puis finalement ces gens là n'ont peut être pas tord après tout… c’est vrai, de ce qu’elle se souvient même ses parents la craignaient ils tentaient de le lui cacher mais au plus profond de ses entrailles elle ressentait qu'ils étaient hésitants à son égard, tout comme ces deux frères Death et Raïkkonen. Quand sa mère la serrait dans ces bras pour la consoler lorsqu'elle pleurait elle avait toujours un air indécis comme peut l'être aujourd'hui les gens qu'elle rencontre sur son passage...doivent ils lui faire confiance, la tuer, l’aimer, la craindre...Et ce à raison, depuis le jour de sa naissance jusqu’à aujourd’hui d’étranges phénomènes se produisent plus ou moins fréquemment mais de plus vive intensité à mesure que les années passent. Se sont ses yeux… Ses yeux qui soudain la brûlent, comme un feu venant de l’intérieur qui consume ses globes oculaires. Ses iris qui alors rouges vifs changent prenant alors une couleur incendiaire d’un orange si agressif que son visage est alors illuminé de deux petits halos de lumière...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonne lecture^^

 

 

 

Ramson

 

 

 

par Ramson le hérisson volant publié dans : blind-theater
 

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